TVA & obligations
Comment choisir sa plateforme agréée de facturation électronique : le comparatif des critères
Par Marie-France Levy, expert-comptable · Publié le · Mis à jour le
En résumé
Pour choisir sa PDP (plateforme agréée), une TPE doit vérifier cinq critères dans l'ordre : l'immatriculation effective de la plateforme par l'administration, la compatibilité avec son logiciel de facturation et avec l'outil de son cabinet comptable, la prise en charge de ses cas particuliers (e-reporting, autoliquidation, acomptes, international), le prix au volume de factures, et les conditions d'archivage et de réversibilité. Le nom de la plateforme compte moins que ces cinq points.
Choisir sa PDP, désormais appelée plateforme agréée, est une décision que chaque entreprise doit prendre avant septembre 2027, et que beaucoup ont déjà prise pour recevoir leurs factures depuis septembre 2026. Le marché compte des dizaines d'acteurs immatriculés, des éditeurs de logiciels aux banques en passant par des opérateurs spécialisés. Cet article ne classe pas les plateformes : il donne les critères qu'une TPE lyonnaise doit vérifier, dans l'ordre, pour ne pas se tromper.
Critère 1 : l’immatriculation, à vérifier sur la liste officielle
Seules les plateformes immatriculées par l’administration fiscale peuvent transmettre des factures électroniques et des données d’e-reporting. La liste est publique et mise à jour. Un opérateur qui se présente comme « compatible » ou « en cours d’immatriculation » n’est pas une plateforme agréée. Vérifiez le nom exact de l’entité immatriculée : un éditeur de logiciel peut s’appuyer sur une plateforme partenaire, ce qui est acceptable si le contrat le précise.
Critère 2 : la compatibilité avec votre chaîne comptable
C’est le critère décisif pour une TPE. Une facture reçue sur une plateforme doit arriver dans votre comptabilité sans ressaisie, et une facture émise doit y être enregistrée automatiquement. Deux vérifications :
- Avec votre logiciel de facturation ou de caisse : produit-il l’un des trois formats structurés (Factur-X, UBL, CII) ? Se connecte-t-il à la plateforme choisie ?
- Avec l’outil de votre cabinet comptable : la plateforme dispose-t-elle d’un connecteur vers l’outil de production du cabinet, ou d’un export exploitable ?
Le Cabinet Levy & Associés met à disposition de ses clients un outil de facturation déjà relié à une plateforme agréée et à la comptabilité, décrit sur la page outils et logiciels ; pour les clients qui conservent un logiciel tiers, nous vérifions la compatibilité avant tout engagement.
Critère 3 : la couverture de vos cas particuliers
Toutes les plateformes traitent la facture simple entre deux assujettis français. Les différences apparaissent sur les cas particuliers :
| Cas | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|
| Ventes aux particuliers (commerce, restauration, e-commerce) | E-reporting des transactions B2C, à la fréquence de votre régime de TVA, depuis votre caisse ou votre site |
| Clients ou fournisseurs étrangers | E-reporting des opérations internationales, gestion des devises |
| Sous-traitance dans le bâtiment | Mention d’autoliquidation, factures sans TVA |
| Acomptes et situations de travaux | Factures d’acompte, factures de solde, avoirs |
| Franchise en base | Factures sans TVA avec la mention légale |
| TVA sur les encaissements | E-reporting des données de paiement pour les prestations de services |
| Plusieurs établissements ou sociétés | Gestion multi-entités sous un même compte |
Un restaurateur, un e-commerçant ou un sous-traitant du bâtiment doit tester ces cas avant de signer.
Critère 4 : le prix, à périmètre égal
Les modèles tarifaires varient : gratuit jusqu’à un volume, abonnement mensuel, prix à la facture, inclusion dans un logiciel. Comparez à périmètre égal : émission et réception, e-reporting, archivage sur dix ans, nombre d’utilisateurs, assistance. Une plateforme gratuite qui ne fait pas l’e-reporting coûte au final une seconde solution. Pour une TPE émettant moins de cent factures par mois, le coût raisonnable se situe entre zéro et quelques dizaines d’euros par mois.
Critère 5 : l’archivage et la réversibilité
Les factures électroniques doivent être conservées dix ans, avec leurs statuts (déposée, rejetée, refusée, encaissée). Vérifiez où et comment la plateforme les archive, si l’archivage a valeur probante, et surtout si vous pouvez récupérer l’ensemble de vos factures dans un format standard en cas de changement de plateforme ou de cessation d’activité de l’opérateur. La réversibilité doit figurer au contrat.
Les questions à poser avant de signer
- Êtes-vous immatriculé en votre nom, ou via un partenaire ? Lequel ?
- Quels connecteurs proposez-vous vers mon logiciel de facturation et vers l’outil de mon cabinet ?
- Comment gérez-vous mes ventes aux particuliers et mes opérations internationales ?
- Que se passe-t-il quand un client refuse une facture ?
- Quel est le prix total pour mon volume, émission, réception, e-reporting et archivage compris ?
- Comment récupère-t-on l’historique si l’on vous quitte ?
- Qui est l’interlocuteur en cas de problème, et sous quel délai répond-il ?
Les erreurs à éviter
- Choisir la plateforme de sa banque ou de son logiciel par défaut sans vérifier la compatibilité avec le cabinet.
- Négliger l’e-reporting : un commerçant qui vend à des particuliers en a besoin autant que de la facture électronique.
- Signer un engagement long sans clause de réversibilité.
- Attendre 2027 : la réception est obligatoire depuis septembre 2026, comme le rappelle facturation électronique 2026-2027 : qui est concerné et quand.
- Confondre franchise en base et non-assujettissement, voir franchise en base de TVA : les seuils à jour.
Ce que fait le cabinet
Le Cabinet Levy & Associés compare pour vous deux ou trois plateformes compatibles avec votre logiciel et avec notre outil de production, teste vos cas particuliers, réalise l’inscription sur l’annuaire et connecte les flux à votre comptabilité. L’audit initial est offert ; la mission est décrite sur la page facturation électronique à Lyon. Les e-commerçants et les PME industrielles, qui cumulent volume, international et ventes aux particuliers, ont des besoins spécifiques décrits sur leurs pages. Pour suivre vos flux une fois la plateforme en place, voyez les sept indicateurs à suivre chaque mois.
Ce qu’il faut retenir
Le choix d’une plateforme agréée se fait sur cinq critères, dans l’ordre : l’immatriculation effective par l’administration, vérifiable sur la liste officielle ; la compatibilité avec votre logiciel de facturation et avec l’outil de production de votre cabinet, pour que les flux arrivent en comptabilité sans ressaisie ; la couverture de vos cas particuliers (ventes aux particuliers et e-reporting, international, autoliquidation, acomptes, franchise, multi-entités) ; le prix à périmètre égal, archivage et e-reporting compris ; et la réversibilité, c’est-à-dire la possibilité de récupérer dix ans de factures dans un format standard si vous partez. Le nom de l’opérateur compte moins que ces cinq réponses. Pour une TPE, le coût raisonnable va de la gratuité à quelques dizaines d’euros par mois. Le cabinet compare deux ou trois plateformes compatibles avec son outil sur vos cas réels, réalise l’inscription à l’annuaire et connecte les flux ; l’audit initial est offert.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une plateforme agréée ?
Un opérateur immatriculé par l'administration fiscale, habilité à transmettre vos factures électroniques à vos clients (via leur propre plateforme), à recevoir celles de vos fournisseurs, et à extraire les données de facturation et d'e-reporting vers l'administration. L'immatriculation est accordée pour trois ans renouvelables et vérifiable sur la liste officielle publiée par l'administration.
Faut-il une plateforme différente pour émettre et recevoir ?
Non, une seule plateforme peut assurer les deux fonctions, et c'est le plus simple. Une entreprise peut néanmoins en utiliser plusieurs (par exemple une pour la réception, intégrée à son cabinet, et une pour l'émission, intégrée à son logiciel de vente), à condition de le déclarer correctement sur l'annuaire.
Mon logiciel de facturation est-il une plateforme agréée ?
Pas nécessairement. Beaucoup d'éditeurs se sont fait immatriculer ou se sont adossés à une plateforme partenaire ; d'autres non. Vérifiez auprès de votre éditeur s'il est lui-même immatriculé, s'il transmet via un partenaire, ou s'il vous faut souscrire une plateforme séparée et la connecter.
Combien coûte une plateforme agréée ?
De la gratuité (souvent limitée en volume ou en fonctions) à quelques dizaines d'euros par mois pour une TPE, jusqu'à des tarifs au volume pour les entreprises émettant des milliers de factures. Les modèles varient : par facture, par abonnement, inclus dans un logiciel. Le prix doit être comparé à périmètre égal (émission, réception, e-reporting, archivage).
Peut-on changer de plateforme ?
Oui, en mettant à jour l'annuaire et en récupérant l'historique de factures archivées. La réversibilité (export des factures et des statuts dans un format standard) doit être vérifiée avant de signer : certaines plateformes rendent le départ coûteux.
Marie-France Levy
Expert-comptable inscrite au tableau de l'Ordre · Cabinet Levy & Associés, Lyon 6e
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