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Cabinet Levy & Associés, expert-comptable à Lyon

TVA & obligations

Autoliquidation de TVA dans le BTP : les mentions obligatoires et les cas d'application

Par Marie-France Levy, expert-comptable · Publié le · Mis à jour le

En résumé

Depuis le 1er janvier 2014, les travaux de bâtiment réalisés par un sous-traitant pour un donneur d'ordre assujetti à la TVA sont facturés hors taxe avec la mention « Autoliquidation » ; c'est le donneur d'ordre qui déclare la TVA due et la déduit sur la même déclaration. Le sous-traitant reste en crédit de TVA sur ses achats et peut en demander le remboursement. Une facture avec TVA en sous-traitance est une erreur qui expose les deux parties.

Facture de sous-traitance BTP avec mention d'autoliquidation de TVA

L'autoliquidation de TVA dans le BTP est une règle simple dans son principe et redoutable dans son application : elle inverse le redevable de la TVA entre le sous-traitant et le donneur d'ordre, et une erreur de l'un se répercute chez l'autre. Cet article précise, aux règles 2026, quand elle s'applique, ce que la facture doit mentionner, comment chacun la déclare, et quelles sont les erreurs que nous constatons dans les dossiers d'entreprises de construction lyonnaises.

Le principe : le preneur est redevable

En règle générale, la TVA est facturée par le vendeur et payée par lui à l’État. L’autoliquidation inverse ce schéma : le client (preneur) déclare lui-même la TVA due sur l’opération et, s’il y a droit, la déduit sur la même déclaration. Dans le bâtiment, ce mécanisme a été instauré en 2014 pour lutter contre la fraude des sous-traitants qui facturaient la TVA sans la reverser (article 283-2 nonies du CGI).

Il s’applique aux travaux immobiliers effectués par un sous-traitant, au sens de la loi de 1975 sur la sous-traitance, pour le compte d’un preneur assujetti à la TVA en France. Le sous-traitant facture hors taxe ; l’entreprise principale autoliquide. La chaîne peut comporter plusieurs niveaux : le sous-traitant de second rang facture hors taxe au sous-traitant de premier rang, qui autoliquide, et ainsi de suite jusqu’à l’entreprise principale, qui facture le client final avec TVA.

Les travaux concernés et ceux qui ne le sont pas

Concernés par l’autoliquidationNon concernés
Travaux de construction, gros œuvre, second œuvreFourniture de matériaux seuls, sans pose
Réparation, entretien, rénovation, transformationPrestations intellectuelles (architecte, bureau d’études, coordination)
Démolition, terrassement, VRD sur un bien immobilierLocation de matériel ou d’engins sans opérateur
Nettoyage de fin de chantier lié aux travauxNettoyage courant sans lien avec des travaux
Installation d’équipements devenant immeubles par destinationVente d’équipements sans installation
Travaux réalisés pour une entreprise principale elle-même titulaire du marchéTravaux réalisés directement pour le client final (maître d’ouvrage)

Le critère décisif est le contrat de sous-traitance : le sous-traitant intervient pour le compte d’une entreprise principale qui a elle-même un contrat avec le client. Un artisan qui travaille directement pour un particulier ou une société propriétaire facture avec TVA.

Les mentions obligatoires sur la facture du sous-traitant

La facture indique le montant hors taxe et, à la place de la TVA, la mention « Autoliquidation » ; il est recommandé d’ajouter la référence « TVA due par le preneur, article 283-2 nonies du CGI ». Aucun taux ni montant de TVA ne doit apparaître. Les mentions habituelles subsistent : numéro et date, identification des deux parties avec SIREN et numéro de TVA intracommunautaire, désignation précise des travaux et du chantier, conditions de paiement, pénalités de retard, indemnité forfaitaire de recouvrement. Avec la facturation électronique, la nature de l’opération et le SIREN du client deviennent des champs structurés, comme l’explique facturation électronique 2026-2027.

La déclaration chez le donneur d’ordre

L’entreprise principale porte le montant hors taxe des travaux sous-traités sur la ligne prévue de sa déclaration de TVA (CA3 ou CA12), calcule la TVA au taux applicable aux travaux (20 %, ou 10 % si les travaux relèvent du taux intermédiaire chez le client final), l’inscrit en TVA collectée et la déduit en TVA déductible. L’opération est neutre financièrement, mais son omission est sanctionnée d’une amende de 5 % du montant de la TVA non autoliquidée, même si elle aurait été intégralement déductible.

Le crédit de TVA du sous-traitant

Un sous-traitant dont l’essentiel de l’activité est en sous-traitance ne collecte presque pas de TVA, mais en paie sur ses matériaux, son matériel, ses véhicules et ses frais. Il accumule un crédit de TVA, remboursable sur demande : mensuellement pour les entreprises au réel normal (montant minimum), trimestriellement ou annuellement selon le régime. Ne pas demander le remboursement immobilise inutilement de la trésorerie ; le cabinet programme les demandes à chaque échéance.

Les erreurs constatées dans les dossiers

  1. Facturer la TVA en sous-traitance. Le donneur d’ordre ne peut pas la déduire (TVA facturée à tort), le sous-traitant l’a collectée et doit la reverser ; la correction passe par une facture rectificative et une régularisation des deux déclarations.
  2. Autoliquider des travaux réalisés pour un client final. Le mécanisme ne s’applique qu’en sous-traitance ; une facture hors taxe à un particulier ou à un maître d’ouvrage est une omission de TVA.
  3. Oublier la ligne d’autoliquidation chez le donneur d’ordre : amende de 5 %.
  4. Mélanger fourniture et pose sans distinguer : une facture de matériaux seuls avec mention d’autoliquidation est irrégulière.
  5. Ne jamais demander le remboursement du crédit de TVA : trésorerie immobilisée pendant des années.

Ce que fait le cabinet

Le Cabinet Levy & Associés paramètre la facturation de ses clients du bâtiment selon leur position (sous-traitant, entreprise principale, ou les deux selon les chantiers), contrôle chaque déclaration de TVA, programme les demandes de remboursement de crédit et assiste en cas de contrôle. La mission est décrite sur la page expert-comptable pour le bâtiment à Lyon. Les entreprises de négoce de matériaux trouveront un complément sur la page industrie et négoce. Les sous-traitants qui débutent en franchise consulteront franchise en base de TVA : les seuils à jour, et ceux qui attendent des paiements de donneurs d’ordre, retards de paiement : les leviers de recouvrement.

Questions fréquentes

Quels travaux sont concernés par l'autoliquidation ?

Les travaux de construction, réparation, nettoyage, entretien, transformation et démolition effectués en relation avec un bien immobilier, réalisés par un sous-traitant pour le compte d'un preneur assujetti (entreprise principale, elle-même titulaire du marché). Les prestations intellectuelles (architecte, bureau d'études), la location de matériel sans opérateur et la fourniture de matériaux seuls n'en relèvent pas.

Que doit mentionner la facture du sous-traitant ?

Le montant hors taxe des travaux, sans TVA, et la mention « Autoliquidation » (ou « TVA due par le preneur, article 283-2 nonies du CGI »), à la place du taux et du montant de TVA. Les autres mentions obligatoires (numéros SIREN et TVA des deux parties, date, numéro, désignation, délais de paiement) restent exigées.

Comment le donneur d'ordre déclare-t-il la TVA ?

Sur sa déclaration de TVA, il porte le montant hors taxe des travaux sous-traités sur la ligne « autres opérations imposables » (ou ligne dédiée), calcule la TVA correspondante en TVA collectée, et la déduit simultanément en TVA déductible si les travaux ouvrent droit à déduction. L'opération est neutre en trésorerie mais obligatoire ; son omission est sanctionnée d'une amende de 5 % du montant.

Le sous-traitant peut-il récupérer sa TVA ?

Oui. Ne collectant pas de TVA sur ses travaux sous-traités mais en payant sur ses achats, il est en crédit de TVA. Il peut en demander le remboursement selon les conditions de son régime (mensuel, trimestriel ou annuel selon les montants). La demande doit être régulière pour ne pas immobiliser la trésorerie.

L'autoliquidation s'applique-t-elle à un sous-traitant en franchise en base ?

Un sous-traitant en franchise en base ne facture jamais de TVA, mais le mécanisme d'autoliquidation ne s'applique pas à ses prestations : le donneur d'ordre n'autoliquide pas. La facture porte la mention de franchise. En revanche, si le sous-traitant dépasse le seuil de franchise, il bascule dans l'autoliquidation pour ses travaux de sous-traitance.

Marie-France Levy

Expert-comptable inscrite au tableau de l'Ordre · Cabinet Levy & Associés, Lyon 6e

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