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Cabinet Levy & Associés, expert-comptable à Lyon

Création d'entreprise

SASU ou EURL : le comparatif chiffré 2026 pour choisir sans se tromper

Par Marie-France Levy, expert-comptable · Publié le · Mis à jour le

En résumé

En 2026, l'EURL coûte moins cher en cotisations (environ 45 % de la rémunération nette du gérant contre environ 80 % en SASU) mais offre une protection sociale plus faible ; la SASU permet une rémunération en dividendes sans cotisations sociales et une couverture assimilée salarié. Le bon choix dépend du niveau de bénéfice, du besoin de protection et du projet de levée de fonds.

Créateur d'entreprise comparant SASU ou EURL avec un expert-comptable à Lyon

SASU ou EURL : la question revient dans presque tous les premiers rendez-vous de création au cabinet, de la Part-Dieu à Villeurbanne. Les deux formes permettent de créer seul une société à responsabilité limitée, avec un capital libre. Tout ce qui les sépare tient au statut social du dirigeant, au traitement des dividendes et à la souplesse des statuts. Voici le comparatif, chiffres 2026 à l'appui.

Ce que SASU et EURL ont en commun

Avant de comparer, rappelons ce qui ne change pas d’une forme à l’autre. Dans les deux cas, vous créez une société avec un seul associé, dont la responsabilité est limitée aux apports. Le capital minimum est de 1 €. La société est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés, dont le taux est de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice et de 25 % au-delà (taux en vigueur au 1er janvier 2026), avec une option possible pour l’impôt sur le revenu pendant cinq exercices. Vous pouvez embaucher, facturer avec TVA, déduire vos charges réelles, et transformer ultérieurement la société en SAS ou en SARL en accueillant des associés.

Les obligations comptables sont identiques : tenue d’une comptabilité d’engagement, comptes annuels, liasse fiscale, dépôt au greffe. Le coût d’un expert-comptable pour une SASU ou une EURL à Lyon est donc du même ordre pour une activité comparable.

La différence n°1 : le statut social du dirigeant

C’est le cœur du sujet. Le gérant associé unique d’EURL est un travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Le président de SASU est assimilé salarié, affilié au régime général avec une fiche de paie.

CritèreEURL (gérant TNS)SASU (président assimilé salarié)
Cotisations sociales sur la rémunération≈ 45 % de la rémunération nette≈ 80 % du net (≈ 45 % du brut chargé)
Cotisations minimales sans rémunérationOui, environ 1 200 € par an (indemnités journalières, retraite, formation)Aucune si aucune rémunération versée
Indemnités journalières maladieOui, après un an d’affiliation, calcul sur le revenu moyenOui, régime général
RetraiteBase + complémentaire des indépendants, points plus faibles à cotisation égaleBase + Agirc-Arrco, droits plus élevés
Assurance chômageNonNon
Formalisme de la rémunérationDécision de l’associé, pas de bulletinBulletin de paie mensuel, DSN

Prenons un chiffre : pour verser 3 000 € nets par mois au dirigeant, l’EURL décaisse environ 4 350 € (rémunération + cotisations), la SASU environ 5 400 €. L’écart annuel dépasse 12 000 €. En contrepartie, le président de SASU acquiert davantage de droits à la retraite et bénéficie d’une couverture prévoyance de base plus large.

La différence n°2 : les dividendes

En SASU, les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ou au barème progressif sur option. Cela permet une stratégie « rémunération faible + dividendes », à condition d’accepter une protection sociale réduite.

En EURL, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du total capital social + primes d’émission + compte courant d’associé est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales du gérant (article L131-6 du code de la Sécurité sociale). Concrètement, avec un capital de 1 000 €, presque tous les dividendes sont soumis aux cotisations TNS (≈ 45 %) puis à la flat tax. La stratégie « tout en dividendes » n’a donc aucun intérêt en EURL.

L’exemple chiffré : 60 000 € de bénéfice avant rémunération

Hypothèses : activité de conseil, 60 000 € de résultat avant rémunération du dirigeant et avant IS, pas de salarié, chiffres 2026, dirigeant sans autre revenu, capital de 1 000 €.

ScénarioEURL — tout en rémunérationSASU — tout en rémunérationSASU — 24 000 € brut + dividendes
Rémunération nette perçue≈ 41 400 €≈ 33 300 €≈ 18 700 €
Cotisations sociales≈ 18 600 €≈ 26 700 €≈ 15 000 €
Bénéfice après rémunération0 €0 €21 000 €
IS (15 %)0 €0 €3 150 €
Dividendes nets après PFU 30 %≈ 12 500 €
Total net dans la poche avant IR≈ 41 400 €≈ 33 300 €≈ 31 200 €
Droits retraite et prévoyanceMoyensÉlevésRéduits

Ces montants sont des ordres de grandeur, arrondis, avant impôt sur le revenu, calculés avec les paramètres connus au 1er janvier 2026 ; ils doivent être recalculés avec votre situation exacte. Ils montrent trois choses. Premièrement, à bénéfice égal, l’EURL laisse davantage de trésorerie disponible. Deuxièmement, la SASU « rémunération + dividendes » ne rattrape pas l’EURL sur le net immédiat, contrairement à une idée répandue. Troisièmement, la SASU se justifie par la protection sociale, la souplesse statutaire et la perspective d’ouvrir le capital, pas par l’économie de charges.

Le point de vue du cabinet

Au cabinet, nous voyons régulièrement des freelances lyonnais choisir la SASU « pour les dividendes » et découvrir en fin de première année qu’ils ont cotisé pour des droits retraite qu’ils ne toucheront qu’à 64 ans, tout en ayant moins de trésorerie que leur voisin en EURL. Notre grille de lecture est simple : sous 50 000 € de bénéfice, l’EURL à l’IS est en général la forme la plus rationnelle ; au-delà, ou si une levée de fonds, un associé ou une holding sont envisagés dans les trois ans, la SASU prend l’avantage. Dans tous les cas, nous refaisons le calcul avec vos chiffres avant de rédiger les statuts. — Marie-France Levy, expert-comptable

La différence n°3 : la souplesse des statuts

L’EURL est une SARL à associé unique : ses règles de fonctionnement sont largement fixées par le code de commerce (nomination et révocation du gérant, cessions de parts, décisions). C’est rassurant, mais rigide.

La SASU est une SAS à associé unique : les statuts organisent librement la gouvernance, les organes de direction, les conditions d’entrée de nouveaux associés, les clauses d’agrément ou d’inaliénabilité. Pour une entreprise qui prévoit d’accueillir des investisseurs, d’attribuer des BSPCE ou de créer une holding, cette liberté est décisive. Elle a un coût : des statuts mal rédigés sont plus dangereux en SAS qu’en SARL, d’où l’intérêt de les faire relire.

La différence n°4 : les coûts de création et de fonctionnement

PosteEURLSASU
Annonce légale de constitution (forfait, arrêté annuel)≈ 140 € HT≈ 190 € HT
Frais d’immatriculation au greffe via le guichet uniquemoins de 40 €moins de 40 €
Rédaction des statuts par un professionnelde 300 € à 1 200 € selon la complexitéde 500 € à 1 500 €
Bulletin de paie mensuel du dirigeantNon nécessaireOui, coût de gestion de paie
Honoraires d’expert-comptable annuelsComparablesComparables, plus la paie du président

Les montants d’annonce légale et de greffe sont ceux constatés en 2025-2026 et sont révisés chaque année par arrêté ; notre article sur le coût réel de création d’une société à Lyon les détaille poste par poste.

Les cas où la réponse est évidente

  • Vous êtes déjà retraité ou vous avez validé tous vos trimestres : la SASU avec dividendes évite de cotiser pour rien. Attention toutefois aux règles de cumul emploi-retraite.
  • Vous préparez une levée de fonds ou l’entrée d’un associé : SASU, sans hésiter, pour la liberté statutaire et les instruments d’intéressement.
  • Vous voulez maximiser la trésorerie disponible et vous acceptez une protection minimale : EURL à l’IS, avec une prévoyance complémentaire souscrite en parallèle.
  • Vous exercez une activité réglementée (santé, droit) : vérifiez d’abord les formes autorisées par votre ordre professionnel, souvent la SELARL ou la SELAS plutôt que l’EURL ou la SASU classiques.
  • Vous voulez cumuler avec l’ARE de France Travail : les deux formes permettent le maintien des allocations si aucune rémunération n’est versée ; la SASU sans salaire n’appelle aucune cotisation minimale, ce qui la rend légèrement plus simple pendant cette période.

Les erreurs à éviter

  1. Choisir la SASU pour « éviter le RSI ». La Sécurité sociale des indépendants a été intégrée au régime général en 2020 ; les dysfonctionnements historiques ne sont plus un argument.
  2. Fixer un capital de 1 € en EURL en espérant verser des dividendes. Le seuil de 10 % rend la quasi-totalité des dividendes soumise aux cotisations.
  3. Oublier les cotisations minimales de l’EURL. Même sans rémunération, le gérant TNS paie environ 1 200 € par an. Une année blanche n’est jamais à zéro.
  4. Se rémunérer en SASU sans bulletin de paie. Une rémunération de président non déclarée en DSN est requalifiée et majorée.
  5. Ne pas réviser le choix. Un statut adapté à 30 000 € de bénéfice ne l’est plus à 120 000 €. Le point annuel avec votre expert-comptable sert à cela.

Ce que fait le cabinet lors de la création

Lors du premier rendez-vous, offert, nous partons de votre bénéfice prévisionnel, de votre situation familiale et de vos projets à trois ans pour établir le comparatif chiffré avec vos données. Nous rédigeons ou relisons ensuite les statuts, réalisons les formalités auprès du guichet unique et du greffe du tribunal de commerce de Lyon, et mettons en place la comptabilité et, en SASU, la paie du président. Notre page création d’entreprise à Lyon décrit le déroulement complet, et l’article quel statut juridique choisir : l’arbre de décision élargit la comparaison à la micro-entreprise, à la SARL et à la SAS.

Questions fréquentes

Peut-on passer d'une EURL à une SASU plus tard ?

Oui, par transformation de la société, décidée par l'associé unique et constatée par un rapport de commissaire à la transformation si les capitaux propres doivent être vérifiés. Le coût (rapport, greffe, annonce légale) se situe généralement entre 1 500 € et 3 000 €. La transformation ne crée pas de nouvelle personne morale : le SIREN, les contrats et l'historique sont conservés.

Le gérant d'EURL a-t-il droit au chômage ?

Non, pas au titre de l'assurance chômage des salariés. Le gérant majoritaire est un travailleur non salarié. Il peut souscrire une assurance perte d'emploi privée (GSC ou équivalent) ou bénéficier, sous conditions strictes, de l'allocation des travailleurs indépendants (ATI) en cas de liquidation judiciaire.

Le président de SASU cotise-t-il au chômage ?

Non plus. Le président est assimilé salarié pour la maladie, la retraite de base et complémentaire, mais il n'est pas affilié à l'assurance chômage. Sa fiche de paie ne comporte donc pas de cotisation chômage, ce qui explique en partie l'écart de coût avec un salarié classique.

Quel statut choisir pour un freelance à 40 000 € de chiffre d'affaires ?

À ce niveau, la micro-entreprise reste souvent la plus simple si les charges réelles sont faibles. Entre EURL et SASU, l'EURL à l'IS avec une rémunération modérée est fréquemment la plus économique, sauf si le dirigeant a déjà validé ses trimestres de retraite ou souhaite une meilleure couverture. Un calcul personnalisé prend dix minutes lors du premier rendez-vous.

Les dividendes sont-ils vraiment sans charges en SASU ?

Ils supportent le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), ou sur option le barème progressif après abattement de 40 %. En revanche, aucune cotisation sociale n'est due, contrairement à l'EURL où la part de dividendes dépassant 10 % du capital et du compte courant est soumise aux cotisations du gérant.

Marie-France Levy

Expert-comptable inscrite au tableau de l'Ordre · Cabinet Levy & Associés, Lyon 6e

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