Actualité locale Lyon
CFE à Lyon et dans la Métropole : comment elle se calcule, qui la paie, et quand
Par Marie-France Levy, expert-comptable · Publié le · Mis à jour le
En résumé
La CFE à Lyon est perçue par la Métropole de Lyon, qui applique un taux unique à ses 59 communes (fiscalité professionnelle unique), sur la valeur locative des locaux utilisés par l'entreprise ou, à défaut, sur une cotisation minimum fixée par tranche de chiffre d'affaires. L'entreprise est exonérée l'année de sa création, dépose une déclaration 1447-C avant le 31 décembre de cette année, et paie ensuite chaque 15 décembre, avec un acompte le 15 juin au-delà de 3 000 €.
La CFE à Lyon surprend chaque année des centaines de créateurs qui la découvrent en décembre de leur deuxième année, sans l'avoir prévue. La cotisation foncière des entreprises est due par toute entreprise, y compris un micro-entrepreneur travaillant chez lui ou une SCI louant des locaux professionnels. Cet article explique comment elle se calcule dans la Métropole de Lyon et les communes voisines, qui la paie, combien, quand, et comment ne pas la payer deux fois.
Ce qu’est la CFE
La cotisation foncière des entreprises est l’une des deux composantes de la contribution économique territoriale (avec la CVAE, en voie de suppression pour les entreprises de moins de 500 000 € de chiffre d’affaires, qui en sont exonérées). Elle est due par toute personne physique ou morale exerçant une activité professionnelle non salariée au 1er janvier, dans chaque commune où elle dispose de locaux ou de terrains. Elle est perçue par la commune ou par l’intercommunalité.
La fiscalité professionnelle unique de la Métropole de Lyon
La Métropole de Lyon, collectivité à statut particulier, perçoit la CFE à la place de ses 59 communes membres et applique un taux unique voté chaque année. Une entreprise installée à Lyon 6e, à Villeurbanne, à Saint-Priest ou à Givors est donc soumise au même taux ; ce qui diffère, c’est la valeur locative des locaux, plus élevée en centre-ville. Les communes de la zone d’intervention du cabinet situées hors Métropole (Villefranche-sur-Saône, Vienne, Miribel, L’Isle-d’Abeau, Brignais, Chaponost) relèvent de leur propre intercommunalité, avec un taux et des bases minimales propres.
Conséquence pratique : dans la Métropole, la CFE n’est pas un critère de choix d’implantation entre communes, contrairement au loyer, comme l’explique s’implanter à la Part-Dieu, Confluence ou Gerland.
Le calcul
Cas général : des locaux. La base est la valeur locative cadastrale des locaux utilisés au 1er janvier de l’année N-2 (locaux professionnels révisés en 2017 et actualisés chaque année), multipliée par le taux de la Métropole. Un bureau de 50 m² aux Brotteaux et un atelier de 300 m² à Vénissieux n’ont pas la même base.
Cas fréquent : pas de local ou un local à faible valeur. La base est remplacée par une base minimum, fixée par la Métropole dans les fourchettes légales selon le chiffre d’affaires de N-2 :
| Chiffre d’affaires ou recettes (N-2) | Fourchette légale de la base minimum (ordre de grandeur, révisée chaque année) |
|---|---|
| Jusqu’à 10 000 € | de quelques centaines d’euros à environ 600 € |
| De 10 001 € à 32 600 € | jusqu’à environ 1 200 € |
| De 32 601 € à 100 000 € | jusqu’à environ 2 500 € |
| De 100 001 € à 250 000 € | jusqu’à environ 4 100 € |
| De 250 001 € à 500 000 € | jusqu’à environ 5 900 € |
| Au-delà de 500 000 € | jusqu’à environ 7 700 € |
La Métropole choisit un montant dans chaque fourchette ; la cotisation est ce montant multiplié par le taux. Un micro-entrepreneur à 25 000 € de recettes travaillant chez lui à Lyon paie donc une CFE de quelques centaines d’euros par an. Les montants exacts figurent sur impots.gouv.fr et sur l’avis.
Les exonérations
- L’année de création, en totalité, et réduction de moitié de la base la deuxième année (sous réserve du dépôt de la 1447-C).
- Chiffre d’affaires inférieur à 5 000 € : exonération de la cotisation minimum.
- Certaines activités : artisans travaillant seuls ou avec apprentis (exonération partielle ou totale selon les cas), exploitants agricoles, certaines professions (artistes, auteurs), loueurs de leur résidence principale sur délibération.
- Certaines zones : quartiers prioritaires de la politique de la ville pour les petites entreprises commerciales, sous conditions et sur délibération, dispositifs temporaires.
- Réduction pour les entreprises qui ont réduit leur activité : dégrèvement sur demande si la base a baissé de plus de moitié.
Le calendrier
| Quand | Quoi |
|---|---|
| Avant le 31 décembre de l’année de création | Déclaration initiale 1447-C (locaux, surface, effectif, chiffre d’affaires prévisionnel) |
| Avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai | Déclaration modificative 1447-M en cas de changement (locaux, surface, cessation) |
| 15 juin | Acompte de 50 % si la CFE de l’année précédente dépassait 3 000 € |
| Novembre | Avis disponible dans l’espace professionnel (aucun envoi papier) |
| 15 décembre | Paiement du solde, par prélèvement ou en ligne |
Ces échéances figurent dans le calendrier fiscal et social du cabinet.
Les erreurs les plus fréquentes
- Ne pas déposer la 1447-C : perte des allègements de début d’activité, base estimée par l’administration.
- Ne pas créer son espace professionnel sur impots.gouv.fr : avis invisible, majoration de 10 % pour retard.
- Oublier la CFE dans le budget de création, comme le rappelle combien coûte réellement la création d’une société.
- Payer pour des locaux quittés : la déclaration modificative doit être déposée.
- Une SCI ou un LMNP qui ignore son assujettissement : rappel sur trois ans.
- Ne pas contester une base erronée (surface, catégorie du local) : la réclamation est possible jusqu’au 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement.
Ce que fait le cabinet
Le Cabinet Levy & Associés dépose la déclaration initiale de ses clients, vérifie chaque avis (base, taux, exonérations), provisionne le paiement dans la trésorerie et dépose les réclamations en cas d’erreur. La mission s’inscrit dans l’optimisation fiscale à Lyon. Les micro-entrepreneurs, qui découvrent souvent la CFE en deuxième année, et les loueurs en meublé, redevables pour chaque logement, trouveront dans leurs pages les règles propres à leur situation.
Questions fréquentes
Quel est le taux de CFE à Lyon ?
Le taux est voté chaque année par la Métropole de Lyon et s'applique de manière identique à Lyon, Villeurbanne, Vénissieux et aux 56 autres communes membres, en vertu de la fiscalité professionnelle unique. Il s'applique à la valeur locative des locaux. Le taux de l'année figure sur l'avis d'imposition et sur impots.gouv.fr ; le cabinet ne le publie pas ici pour ne pas diffuser un chiffre périmé.
Qu'est-ce que la cotisation minimum ?
Lorsque la valeur locative des locaux est faible ou nulle (activité à domicile, coworking, pas de local), la CFE est calculée sur une base minimum fixée par la collectivité dans des fourchettes légales dépendant du chiffre d'affaires : six tranches, de moins de 10 000 € à plus de 500 000 € de chiffre d'affaires, avec des bases minimales allant de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros. La Métropole de Lyon a fixé ses propres montants dans ces fourchettes.
Suis-je exonéré la première année ?
Oui, l'année de création, quelle que soit la date. La deuxième année, la base est réduite de moitié. Pour en bénéficier, la déclaration initiale 1447-C doit être déposée avant le 31 décembre de l'année de création. Les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 5 000 € sont exonérées de cotisation minimum.
Quand et comment payer la CFE ?
L'avis est mis en ligne dans l'espace professionnel impots.gouv.fr en novembre (pas d'envoi papier) ; le paiement est dû le 15 décembre, par prélèvement ou paiement en ligne obligatoire. Si la CFE de l'année précédente dépassait 3 000 €, un acompte de 50 % est dû le 15 juin. Un dirigeant qui n'a pas créé son espace professionnel ne voit pas l'avis et paie une majoration.
Une SCI ou un loueur en meublé paie-t-il la CFE ?
Une SCI qui loue des locaux nus à usage professionnel est redevable de la CFE au titre de cette activité de location ; un loueur en meublé (LMNP) est redevable pour chaque logement loué, avec une exonération possible sur délibération pour la location de la résidence principale ou saisonnière. La location nue à usage d'habitation n'est pas imposable.
Marie-France Levy
Expert-comptable inscrite au tableau de l'Ordre · Cabinet Levy & Associés, Lyon 6e
Publié le · Mis à jour le
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