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Cabinet Levy & Associés, expert-comptable à Lyon

Gestion & pilotage

Comment lire un bilan en 10 minutes quand on n'est pas comptable

Par Marie-France Levy, expert-comptable · Publié le · Mis à jour le

En résumé

Pour lire un bilan en dix minutes, regardez six lignes : les capitaux propres (ce que vaut l'entreprise sur le papier), la trésorerie nette (disponibilités moins découverts), le fonds de roulement (ressources stables moins actif immobilisé), le besoin en fonds de roulement (stocks plus créances moins dettes fournisseurs), l'endettement, et, au compte de résultat, la marge brute, l'excédent brut d'exploitation et le résultat net. Puis cinq ratios : autonomie financière, capacité de remboursement, délai clients, délai fournisseurs, rentabilité.

Dirigeant apprenant à lire son bilan lors du rendez-vous de présentation des comptes

Comment lire un bilan est une question que se posent la plupart des dirigeants de TPE le jour où leur expert-comptable le leur remet, et que peu osent poser. Le bilan et le compte de résultat sont pourtant des documents simples une fois qu'on sait où regarder : six lignes et cinq ratios donnent l'essentiel en dix minutes. Voici la méthode que nous utilisons lors des rendez-vous de présentation des comptes, avec un exemple de TPE lyonnaise.

Le bilan en une image

Le bilan a deux colonnes qui s’équilibrent. À gauche, l’actif : ce que l’entreprise possède, du plus durable (immobilisations : matériel, véhicules, local, logiciels, fonds de commerce) au plus liquide (stocks, créances clients, trésorerie). À droite, le passif : d’où vient l’argent, du plus stable (capitaux propres : capital, réserves, résultat) au plus court (emprunts, dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales, découvert). Lire un bilan, c’est vérifier que les emplois durables sont financés par des ressources durables, et que le reste laisse de la trésorerie.

Les six lignes à regarder

1. Les capitaux propres. Ce que vaut l’entreprise sur le papier. Positifs et croissants : l’entreprise s’enrichit. Négatifs : les pertes ont mangé le capital, la banque s’inquiète, la loi impose une régularisation.

2. La trésorerie nette. Disponibilités (banque, caisse) moins découverts et concours bancaires courants. C’est ce qui reste à la clôture, pas ce que l’entreprise a gagné.

3. Le fonds de roulement. Ressources stables (capitaux propres + emprunts à long terme + comptes courants bloqués) moins actif immobilisé. Positif, il finance le cycle d’exploitation ; négatif, l’entreprise a financé du matériel avec du découvert.

4. Le besoin en fonds de roulement. Stocks + créances clients − dettes fournisseurs, fiscales et sociales. C’est l’argent immobilisé par l’activité. Trésorerie nette = fonds de roulement − BFR : si le BFR dépasse le fonds de roulement, la trésorerie est négative.

5. L’endettement. Emprunts et dettes financières, rapportés aux capitaux propres et à la capacité de remboursement.

6. Le résultat, et surtout ce qui le précède au compte de résultat : la marge brute (ventes − achats consommés), l’excédent brut d’exploitation (marge − charges externes − personnel − impôts d’exploitation) et le résultat d’exploitation (EBE − amortissements et provisions). Le résultat net arrive après charges financières, exceptionnel et impôt.

L’exemple : une société de services lyonnaise

ActifMontantPassifMontant
Immobilisations nettes40 000 €Capitaux propres60 000 €
Stocks0 €Emprunts à long terme30 000 €
Créances clients55 000 €Compte courant d’associé10 000 €
Autres créances (TVA)5 000 €Dettes fournisseurs20 000 €
Trésorerie45 000 €Dettes fiscales et sociales25 000 €
Total145 000 €Total145 000 €

Lecture : fonds de roulement = 60 000 + 30 000 + 10 000 − 40 000 = 60 000 €. BFR = 0 + 55 000 + 5 000 − 20 000 − 25 000 = 15 000 €. Trésorerie nette = 60 000 − 15 000 = 45 000 €, ce que confirme l’actif. L’entreprise est solide : capitaux propres à 41 % du bilan, trésorerie couvrant plus de deux mois de charges. Le point de vigilance : 55 000 € de créances clients pour un chiffre d’affaires annuel de 360 000 € TTC, soit 56 jours de délai moyen, au-dessus des 45 jours souhaitables.

Les cinq ratios que votre banquier calcule

RatioCalculLecture
Autonomie financièreCapitaux propres / total du bilanAu-dessus de 20 % à 25 % : solide ; en dessous de 10 % : fragile
Capacité de remboursementDettes financières / capacité d’autofinancementEn années ; moins de 3 à 4 ans attendu
Délai clientsCréances clients / CA TTC × 365En jours ; à comparer aux conditions de paiement
Délai fournisseursDettes fournisseurs / achats TTC × 365En jours ; un délai long est une ressource, s’il est négocié
Rentabilité d’exploitationEBE / chiffre d’affairesEn % ; à comparer au secteur et à l’année précédente

La capacité d’autofinancement (résultat net + amortissements et provisions) mesure ce que l’exploitation dégage réellement pour rembourser, investir ou distribuer.

Ce que le bilan ne dit pas

Il ne dit rien de la valeur de marché de l’entreprise (le fonds de commerce créé n’y figure pas), ni de la saisonnalité (il est daté d’un jour), ni des engagements hors bilan (cautions, crédit-bail, litiges non provisionnés), ni de la qualité des créances au-delà de la dépréciation. Il se lit avec l’annexe, qui détaille ces points, et avec les indicateurs mensuels décrits dans les sept indicateurs à suivre chaque mois.

Les erreurs de lecture les plus fréquentes

  • Confondre résultat et trésorerie. Un bénéfice de 30 000 € avec une trésorerie négative est fréquent quand les clients paient tard.
  • Ignorer le compte courant d’associé. Une dette envers le dirigeant est une ressource stable si elle est bloquée, une dette exigible sinon.
  • Se réjouir d’un résultat net gonflé par un élément exceptionnel (cession d’un bien) sans regarder l’EBE.
  • Négliger les capitaux propres sous la moitié du capital, avec ses obligations légales.
  • Lire le bilan seul, sans le compte de résultat ni l’annexe.

Ce que fait le cabinet

Le Cabinet Levy & Associés présente chaque bilan lors d’un rendez-vous dédié, avec les six lignes, les cinq ratios et une comparaison avec l’exercice précédent, puis en tire les arbitrages de l’année suivante. La mission est décrite sur la page bilan et liasse fiscale à Lyon. Pour préparer votre clôture, la checklist de clôture comptable précède ce rendez-vous ; pour anticiper la trésorerie plutôt que la constater, construire son prévisionnel de trésorerie. Les PME industrielles et les commerces, dont les stocks pèsent sur le bilan, trouveront un complément sur leurs pages.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le bilan et le compte de résultat ?

Le bilan est une photographie du patrimoine de l'entreprise à la date de clôture : ce qu'elle possède (actif) et ce qu'elle doit (passif), y compris à ses associés. Le compte de résultat est un film de l'exercice : les produits et les charges de l'année, dont la différence est le résultat. Le résultat de l'année vient augmenter (ou diminuer) les capitaux propres du bilan.

Que sont les capitaux propres et pourquoi comptent-ils ?

Capital, réserves et résultat : ce que l'entreprise doit à ses associés, c'est-à-dire sa valeur comptable. Des capitaux propres négatifs signifient que les pertes ont absorbé le capital ; si elles ramènent les capitaux propres sous la moitié du capital, une décision des associés et une régularisation dans deux ans sont obligatoires. Les banques y lisent la solidité de l'entreprise.

Qu'est-ce que le besoin en fonds de roulement ?

L'argent immobilisé par le cycle d'exploitation : stocks plus créances clients moins dettes fournisseurs (et fiscales et sociales). Un BFR positif signifie que l'entreprise finance ses clients et ses stocks avant d'être payée ; il doit être couvert par le fonds de roulement, sinon la trésorerie est négative. Un BFR négatif (commerce encaissant comptant et payant ses fournisseurs à 60 jours) est une ressource.

Que regarde le banquier dans un bilan ?

L'autonomie financière (capitaux propres sur total du bilan, souvent attendue au-dessus de 20 %), la capacité de remboursement (dettes financières sur capacité d'autofinancement, en années, idéalement moins de trois ou quatre), l'excédent brut d'exploitation et son évolution, le compte courant d'associé (une ressource s'il est bloqué), et la cohérence entre le résultat et la trésorerie.

Le résultat net est-il le bon indicateur de rentabilité ?

Il est le dernier, après amortissements, charges financières, éléments exceptionnels et impôt. L'excédent brut d'exploitation, avant ces éléments, mesure mieux la performance de l'exploitation elle-même et se compare d'une année sur l'autre et entre entreprises. Un résultat net faible avec un EBE élevé signale des investissements ou un endettement lourds, pas une activité déficitaire.

Marie-France Levy

Expert-comptable inscrite au tableau de l'Ordre · Cabinet Levy & Associés, Lyon 6e

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